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      Thème : Résilience
      1ère publication: 17.01.2021       Dernière mise à jour: 20.06.2026

La capacité d'adaptation, un facteur de résilience important

Améliorer l'adaptabilité pour diminuer la vulnérabilité

Capacité d'adaptation : un vocabulaire spécifique


L'adaptation d'un système à des contraintes et perturbations toujours plus grandes (perte de stabilité climatique, pénurie de ressource, catastrophe naturelle, pandémie, crise sociale, ou situations où ces perturbations se cumulent) dépend de son adaptabilité, c'est-à-dire sa capacité d'adaptation.

Extrait du glossaire du Cinquième rapport d'évaluation du GIEC

adaptation glossaire GIEC

Glossaire complet du Cinquième rapport d'évaluation du GIEC


Cet article de la revue Cairn analyse l'importance et l'évolution de ces notions d'adaptabilité et d'adaptation dans les divers rapports du GIEC :

Une brève histoire de l’adaptation : l’évolution conceptuelle au fil des rapports du GIEC (1990-2014)



Capacité d'adaptation et changement climatique


"L’adaptation au changement climatique désigne les stratégies, initiatives et mesures visant à réduire la vulnérabilité des systèmes naturels et humains contre les effets (présents et attendus) des changements climatiques".
"Il ne s'agit pas, rappelle le CEDD de « savoir comment s’adapter à un « nouveau » climat, mais de savoir comment et à quel coût nous pouvons adapter nos sociétés à un climat « sans cesse changeant » "
L'Europe propose 3 types de stratégies à combiner :
Atténuation, Adaptation, Transition.

Les actions et programmes d'adaptation de divers régions du monde sont développés dans cette page wikipédia :

Adaptation au changement climatique (wikipédia)



L'adaptation, une affaire de choix et de gestion du risque


S'adapter demande de faire des choix sociaux, politiques, économiques, technologiques... Et de gérer les risques liés à ces choix, notamment les risques d'échecs.
L'exemple ci-dessous de l'adaptation (ou non) du littoral habité à la montée des océans illustre les diverses possibilités, qui ont toutes des implications sociales, politiques, technologiques différentes. Et également des risques d'échec variés.

diverses adaptations habitat et littoral à la montée des mers

Les choix d'adaptation affrontent aussi le problème de la durabilité : dans les 6 exemples d'adaptation ci-dessus, chaque choix est plus ou moins valable pour une période de temps, et pourrait être remis en question au-delà d'un certain niveau de montée des mers.

Les choix d'adaptation se distingueront en diverses catégories :
  • les solutions technologiquement lourdes, à fort impact environnemental/forte consommation de ressources et d'énergie (choix 2 et 4 ci-dessus : digues et transformation du littoral)
  • les solutions à faible impact environnemental/faible consommation de ressources et d'énergie
  • les solutions à base de renoncement et/ou démantèlement (en général moins coûteuses et moins risquées). Exemple : les replis des villages de Miquelon (Saint-Pierre-et-Miquelon) et du Prêcheur (Martinique)
  • les solutions utilisant des principes naturels, écosystémiques
  • les solutions impliquant une gestion du risque pointue (choix 2 : la digue et les risques de dégâts si elle cède)
  • les solutions techniquement "simples", y compris sur le long terme
  • les solutions techniquement complexes, nécessitant suivi, monitoring, investissements réguliers etc. Complexité élevée et résilience font rarement bon ménage....
  • les solutions temporaires, en plusieurs étapes. Exemple, la construction d’un quartier neuf à durée de vie limitée à Caen (50 ans avant sa submersion).

  • Choisir comment s'adapter, sous oublier les contraintes croissantes et risques multiples
    - les solutions 2 et 4 (digue et artificialisation du littoral) sont-elles durables si les énergies fossiles viennent à manquer ? (capacité à maintenir une infrastructure en état malgré de nouvelles contraintes)
    - quelles solutions sont meilleures s'il est estimé que les nappes phréatiques proches seront inutilisables à cause de leur salinisation future ?
    - etc.

    Adaptation et co-avantages
    Les co-avantages (ou avantages connexes pour reprendre la terminologie du GIEC) de chaque choix d'adaptation sont à considérer également : quels avantages économiques, sociaux, environnementaux ressortent d'un choix d'adaptation ?
    Dans l'exemple de la solution 6 (adaptation basée sur la mise en place ou restauration d'écosystèmes), quels sont les co-avantages ? Et ces co-avantages sont-ils durables ?


    La maladaptation - multiplication des problèmes et diminution de la résilience


    La maladaptation est une pseudo-solution pouvant entraîner des conséquences négatives inattendues, aggraver les problèmes existants ou compromettre la résilience d’un territoire.
    En 2022, le GIEC a défini la maladaptation ainsi : « actions susceptibles d’accroître des effets négatifs liés au climat, notamment via une augmentation des émissions de GES, une augmentation ou un transfert de vulnérabilité, l’aggravation d’injustices ou encore la diminution de bien-être, maintenant ou à l’avenir. » (GIEC, AR6, WGII, Glossaire).

    Un exemple typique de maladaptation : la généralisation de la climatisation.


    climatisation ville

    En quoi généraliser la climatisation peut être considéré comme une maladaptation ?
  • forte hausse de la consommation d'énergie, pas toujours décarbonée, souvent pour compenser des erreurs architecturales (vitrages trop exposées etc)
  • forte augmentation des dépendances à la technologie, aux sources d'énergies électriques et au réseau donc baisse de résilience (risques de panne du matériel, de surcharge du réseau, d'échec lié à la chute de capacité de production d'énergie)
  • augmentation des inégalités entre population ayant financièrement accès à un logement climatisé et capable d'en supporter le coût et population n'y ayant pas accès
  • aggravation de la chaleur en ville par amplification des îlots de chaleur : les climatiseurs rejettent des calories dans les rues, en façade, sur les toits... Le problème de chaleur n'est pas résolu, il est géographiquement déplacé, et le fonctionnement électrique des climatiseurs augmentent encore la quantité de calories en circulation
  • gaz utilisés pour le fonctionnement des climatiseurs, polluants ou pouvant aggraver le phénomène de dérèglement climatique
  • illusion de solution retardant d'autres solutions efficaces à long terme : modification du bâti, pose de brise-soleil, "casquette" solaire sur les façades, aménagement de ventilation verticale...


  • Pour aller plus loin
    Éviter la maladaptation au changement climatique (iddri.org - juillet 2013)



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